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Pour qui déciderait de lire Ayako par hasard, le choc risque d'être plutôt violent. En effet, derrière les couvertures simples et épurées, se cache un manga dont l'histoire est sombre, cruelle et sans concession. Tezuka, pour nous conter l'histoire de Ayako décide de nous plonger dans un Japon désemparé après la défaite de la seconde guerre mondiale suite aux deux explosions des bombes atomiques. Le Japon est alors aux mains de l'occupant (les Etats- Unis) qui
impose un grand nombre de réformes dans un but dit de « démocratisation » du pays. Le Japon meurtrie est alors en pleine crise. C'est donc cette période particulière de l'histoire japonaise qui sert de toile de fond à cette série.
Si Ayako n'est pas son oeuvre maîtresse, ni la plus connue, pourtant c'est très certainement une de ses oeuvres les plus abouties, les plus réussies. Ecrite entre 1972 et
1973, Ayako se montre encore plus que ses autres séries comme un récit adulte et mature.
Tout commence en ce début d'année 1949, Jiro Tengé, ancien prisonnier de guerre devenu agent double travaillant pour les forces américaines d'occupation, est rapatrié. Il retrouve alors sa famille de riches et notables propriétaires terriens bien changée. Jiro Tengé va alors au fur et à mesure se rendre compte qu'il est loin d'être le seul membre de la famille à avoir des secrets et surtout que sa trahison envers son pays est loin d'être le pire crime commis par sa famille. C'est dans un contexte politique et économique difficile, dans l'immédiat de l'après seconde guerre mondiale que le drame de cette famille va se jouer.
Si il y a quelque chose de particulier dans Ayako c'est bien le comportement des protagonistes de l'histoire. Ainsi, il n'y a pas réellement de méchants et de gentils, Tezuka brouille les pistes. On a « simplement » des êtres qui, chacun leur tour, vont montrer les pires aspects de l'Homme : cupidité, fierté ... Au final, ces mêmes personnages se retrouvent complètement déshumanisés. Au milieu de ces animaux, pourtant survit un être humain : Ayako. Sacrifiée par sa famille, emprisonné dans une remise pendant plus de 10 ans sans voir le jour, Ayako est montrée comme l'antipode du reste de la famille. Enfermée, elle n'est pas corrompue par le système. Elle incarne l'innocence. Dans la peau d'une femme, elle a pourtant la pureté d'un enfant. L'oeuvre, outre de nous présenter cette période floue du Japon de l'après guerre, sert à Tezuka à dénoncer les nombreux excès et travers humains. Ainsi, Tezuka propose une oeuvre sans complaisance et très crue.
C’est simple, j’ai adoré … une fois la saga commencée, impossible de s’arrêter !
En 1936, Sōhei Tōge, un correspondant japonais, est chargé de faire un reportage sur les jeux olympiques d'été de 1936 à Berlin. Après son arrivée, son frère, étudiant en Allemagne, prend contact avec lui et désire le rencontrer le plus tôt possible. Mais ce dernier est assassiné et toutes les traces de ses études et de son séjour ont été effacées. Enquêtant sur la disparition de son frère, Sōhei Tōge découvre qu'il détenait un mystérieux document concernant Adolf Hitler qui pourrait être fatal au Troisième Reich : la preuve de la lignée juive d'Adolf Hitler.
Wolfgang Kaufman, un nazi qui habite au Japon, reçoit un ordre de récupérer ledit document. Il souhaite que son fils, Adolf Kaufmann, entre dans les Jeunesses hitlériennes (Hitlerjugend). Mais Adolf, qui s'est lié d'amitié avec un garçon juif, Adolf Kamil, n'est pas d'accord.
Au fil des événements et des recherches de Sōhei Tōge sur le meurtrier de son frère, les vies des trois Adolf s'enchevêtrent.