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Face au désamour, doit-on continuer à jouer le couple parfait ? Qu’est-ce qui nous pousse à continuer à vivre ensemble quand l’amour s’en va ? Est-ce un sens profond de l’engagement ? Jusqu’où est-il possible de tenir et comment ne pas se faire de mal dans cette situation pas facile ?
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Peut-on encore former un couple quand on ne s’aime plus ?
Peut-on encore former un couple quand on ne s’aime plus ?
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Dr Serge Hefez : Des couples, il y en a toute une palette. Certains s’unissent autour de leur amitié, de leur passion commune, de leurs enfants ou même de leur vie sociale. D’autres s’aiment mais ne vivent pas sous le même toit. Il y a autant de couples et de types de contrats conjugaux que de styles de vie.
Un couple sans amour, mais dont chacun fait des efforts de son côté pour le faire perdurer, est agi par des volontés communes qui s’apparentent à un projet commun. Et ce qui définit le couple, c’est le partage d’un projet. Quel qu’il soit.
Un couple sans amour, mais dont chacun fait des efforts de son côté pour le faire perdurer, est agi par des volontés communes qui s’apparentent à un projet commun. Et ce qui définit le couple, c’est le partage d’un projet. Quel qu’il soit.
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A une époque où le divorce est devenu une formalité, rester ensemble quand l’amour s’épuise n’est-ce pas un peu archaïque ?
A une époque où le divorce est devenu une formalité, rester ensemble quand l’amour s’épuise n’est-ce pas un peu archaïque ?
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Dr S. H. : Ça peut valoir le coup de dépasser le cap des illusions quand on est un jeune couple. Si la durée de vie moyenne d’un couple ne dépasse pas trois ans, c’est à cause d’une "tentation de la rupture".
Une tentation qui résulte de l’insatisfaction qu’éprouvent tous les couples en face d’un mirage moderne. Celui de l’effet euphorisant du sentiment amoureux, une représentation idéalisée par la presse féminine ou le cinéma. Comme s’il n’y avait que l’amour fou qui puisse justifier la vie de couple au long cours. Pourtant, l’amour n’est pas le seul ciment qui solidifie le couple.
Dr S. H. : Ça peut valoir le coup de dépasser le cap des illusions quand on est un jeune couple. Si la durée de vie moyenne d’un couple ne dépasse pas trois ans, c’est à cause d’une "tentation de la rupture".
Une tentation qui résulte de l’insatisfaction qu’éprouvent tous les couples en face d’un mirage moderne. Celui de l’effet euphorisant du sentiment amoureux, une représentation idéalisée par la presse féminine ou le cinéma. Comme s’il n’y avait que l’amour fou qui puisse justifier la vie de couple au long cours. Pourtant, l’amour n’est pas le seul ciment qui solidifie le couple.
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Selon vous, le couple peut-il fonctionner comme une simple association ?
Selon vous, le couple peut-il fonctionner comme une simple association ?
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Dr S. H. : Oui, bien sûr. C’est d’ailleurs le couple institution tel qu’il a toujours été à travers les siècles mais qui n’a plus le vent en poupe. Il ne faut pas le déconsidérer, car ce type de couples est constructif. Il est un des rouages essentiels à l’évolution de la société.
Par ailleurs, l’amour n’est pas l’ultime finalité du couple. Choisir de vivre en couple, c’est aussi choisir un "moyen" de se faciliter la vie. C’est le couple association.
Par ailleurs, l’amour n’est pas l’ultime finalité du couple. Choisir de vivre en couple, c’est aussi choisir un "moyen" de se faciliter la vie. C’est le couple association.
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Quelles limites de temps devrait-on se fixer pour ne pas trop faire durer la comédie ?
Quelles limites de temps devrait-on se fixer pour ne pas trop faire durer la comédie ?
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Dr S. H. : Se jouer la comédie est un effort de couple comme un autre. C’est plutôt quand on n’arrive plus à faire semblant qu’il faut se fixer des limites de temps.
Je pense qu’il n’est pas possible de jouer le couple parfait, s’il n’y a pas un minimum d’empathie avec l’autre. Si on joue la comédie, c’est qu’on ne joue pas la comédie ! Vouloir paraître socialement un couple qui va bien prouve que l’on a encore en commun une représentation idéale du couple, donc un but commun.
Dr S. H. : Se jouer la comédie est un effort de couple comme un autre. C’est plutôt quand on n’arrive plus à faire semblant qu’il faut se fixer des limites de temps.
Je pense qu’il n’est pas possible de jouer le couple parfait, s’il n’y a pas un minimum d’empathie avec l’autre. Si on joue la comédie, c’est qu’on ne joue pas la comédie ! Vouloir paraître socialement un couple qui va bien prouve que l’on a encore en commun une représentation idéale du couple, donc un but commun.
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Quelles raisons peuvent conduire un couple à continuer à cohabiter au prix d’une vie malheureuse ?
Quelles raisons peuvent conduire un couple à continuer à cohabiter au prix d’une vie malheureuse ?
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Dr S. H. : Divorcer ou se séparer, c’est parfois un luxe. Il y a des données concrètes - par exemple, économiques. Quand on a des enfants, mettre en place une garde alternée a un coût. Un couple peut tout à fait perdurer pour des raisons de confort. Par ailleurs, des pressions familiales ou religieuses peuvent contraindre un couple à rester ensemble pour le pire.
Dr S. H. : Divorcer ou se séparer, c’est parfois un luxe. Il y a des données concrètes - par exemple, économiques. Quand on a des enfants, mettre en place une garde alternée a un coût. Un couple peut tout à fait perdurer pour des raisons de confort. Par ailleurs, des pressions familiales ou religieuses peuvent contraindre un couple à rester ensemble pour le pire.
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Les enfants ne sont-ils pas une raison prétexte pour rester ensemble ?
Les enfants ne sont-ils pas une raison prétexte pour rester ensemble ?
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Dr S. H. : Le sentiment de s’être engagés dans une relation institutionnelle, du type couple avec enfants, n’est pas une mauvaise raison de rester ensemble pour les enfants. On a trop décollé le couple conjugal du couple parental. L’un se nourrit de l’autre et réciproquement. L’amour parental est un moteur du couple. Le lien est très fort. On ne peut pas faire comme si ça n’avait rien à voir avec le couple.
Bien sûr, il y a eu cette période où l’on ne divorçait pas et où les enfants trinquaient. Il ne faudrait pas tomber dans l’excès inverse aujourd’hui. On peut rester ensemble pour l’idée que l’on se fait de la famille, si on le décide pour soi, pas si on se l’impose. Heureusement que la peur de faire perdre son confort à la famille pondère l’envie ou la décision de rester ensemble !
Dr S. H. : Le sentiment de s’être engagés dans une relation institutionnelle, du type couple avec enfants, n’est pas une mauvaise raison de rester ensemble pour les enfants. On a trop décollé le couple conjugal du couple parental. L’un se nourrit de l’autre et réciproquement. L’amour parental est un moteur du couple. Le lien est très fort. On ne peut pas faire comme si ça n’avait rien à voir avec le couple.
Bien sûr, il y a eu cette période où l’on ne divorçait pas et où les enfants trinquaient. Il ne faudrait pas tomber dans l’excès inverse aujourd’hui. On peut rester ensemble pour l’idée que l’on se fait de la famille, si on le décide pour soi, pas si on se l’impose. Heureusement que la peur de faire perdre son confort à la famille pondère l’envie ou la décision de rester ensemble !
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C’est un peu sacrificiel de rester ensemble quand on ne s’aime plus. Y a-t-il une frontière dangereuse à ne pas dépasser ?
C’est un peu sacrificiel de rester ensemble quand on ne s’aime plus. Y a-t-il une frontière dangereuse à ne pas dépasser ?
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Dr S. H. : Oui, il peut y avoir danger. Quand c’est l’un des deux qui n’aime plus l’autre, ou qu’il a envie partir, il faut éviter la relation bourreau-victime, ne pas s’enfermer dans une dialectique masochiste. A partir du moment où l’on choisit de rester en couple quand l’autre ne nous aime plus, on se doit de sortir du sentiment victimaire. Quand on choisit une situation de victime, il faut l’exploiter, y trouver des contreparties qui nous profitent objectivement.
J’ai beaucoup de surprises dans mon cabinet de la part de couples qui inventent une relation dans laquelle chacun réussit à privilégier son intérêt propre.
Dr S. H. : Oui, il peut y avoir danger. Quand c’est l’un des deux qui n’aime plus l’autre, ou qu’il a envie partir, il faut éviter la relation bourreau-victime, ne pas s’enfermer dans une dialectique masochiste. A partir du moment où l’on choisit de rester en couple quand l’autre ne nous aime plus, on se doit de sortir du sentiment victimaire. Quand on choisit une situation de victime, il faut l’exploiter, y trouver des contreparties qui nous profitent objectivement.
J’ai beaucoup de surprises dans mon cabinet de la part de couples qui inventent une relation dans laquelle chacun réussit à privilégier son intérêt propre.
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Ça peut laisser des séquelles de s’obstiner à vivre ensemble ?
Ça peut laisser des séquelles de s’obstiner à vivre ensemble ?
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Dr S. H. : Oui, rester ensemble quand on ne s’aime plus, ça peut être un vrai processus d’autodestruction. Souvenez-vous du film Le Chat, avec Jean Gabin et Simone Signoret... On se demande quel est le but de vivre le pire. Il y a des couples qui s’appuient uniquement sur la haine de l’autre et la haine de soi. Certaines personnes sont fabriquées, se haïssent tellement qu’elles ne peuvent vivre que des relations dévalorisantes. Il faudrait ne jamais céder par rapport à l’estime de soi- même, surtout si l’on a le sentiment d’être en danger.
Dr S. H. : Oui, rester ensemble quand on ne s’aime plus, ça peut être un vrai processus d’autodestruction. Souvenez-vous du film Le Chat, avec Jean Gabin et Simone Signoret... On se demande quel est le but de vivre le pire. Il y a des couples qui s’appuient uniquement sur la haine de l’autre et la haine de soi. Certaines personnes sont fabriquées, se haïssent tellement qu’elles ne peuvent vivre que des relations dévalorisantes. Il faudrait ne jamais céder par rapport à l’estime de soi- même, surtout si l’on a le sentiment d’être en danger.
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Quand tirer la sonnette d’alarme et décider de ne plus vivre ensemble ?
Quand tirer la sonnette d’alarme et décider de ne plus vivre ensemble ?
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Dr S. H. : Quand on n’a plus le désir, la pulsion de partager, la projection avec l’autre, l’éducation commune d’un enfant. Le contraire de l’amour n’est pas la haine mais l’indifférence.
Avant d’en arriver là, il faut savoir s’approprier le fait que l’amour est ambivalent. L’amour n’est pas une publicité pour un fromage où l’on s’ébat follement dans les champs mais un ensemble de sentiments contraires.
Dr S. H. : Quand on n’a plus le désir, la pulsion de partager, la projection avec l’autre, l’éducation commune d’un enfant. Le contraire de l’amour n’est pas la haine mais l’indifférence.
Avant d’en arriver là, il faut savoir s’approprier le fait que l’amour est ambivalent. L’amour n’est pas une publicité pour un fromage où l’on s’ébat follement dans les champs mais un ensemble de sentiments contraires.
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Source : dossier de l'émission "on n'est pas que des parents" sur France5

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